"Les femmes me font confiance, elles me disent tout, même des choses que je ne voudrais pas savoir… Il faut qu’elles se racontent pour être plus tranquilles…. C’est comme ça les femmes…. Et moi, moi je les écoute, et je les peins, je les peins de manière plus juste, plus facile…. L’important c’est leur âme, leurs sentiments, leur nature insaisissable…"
Ces confidences de Karlos Abovian à un de ses amis fournissent une des clés essentielles de sa peinture.
Même si son œuvre ne se résume pas à cela, Karlos a été un grand portraitiste. Dans ses nombreux portraits de femmes ou d’hommes, de femmes surtout, comme dans ses autoportraits, le peintre était constamment à la recherche, sous l’apparence du modèle, de la réalité cachée de la personne, de ses sentiments profonds, de son histoire, de son âme.
C’est par la profondeur de la matière, la complexité subtile des fonds, les couleurs sombres ou lumineuses, par les vêtements imaginaires, les bijoux, les ornements oniriques dont il habillait ses modèles, qu’il traduisait cette réalité différente, ces mystères intimes perçus seulement par lui-même.
Devant sa toile, Karlos Abovian était un visionnaire, un médium, qui sous les apparences montrait le chemin d’une réalité parallèle, semblable à la notre et autre cependant. Sa peinture est un guide pour qui veut pénétrer avec lui de l’autre côté du miroir et appréhender la profondeur des êtres.