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Biographie

Karlos Abovian est né en 1937 en Arménie, à Kirovakan (aujourd’hui Vanadzor). il a commencé à peindre des sa jeunesse et n’a jamais cessé. Après des études secondaires il a travaillé quelques années au service de communication de l’usine chimique de Kirovakan. Mais, sa vie c’était la peinture, et à partir de 1975 il lui a consacré tout son temps et toute son énergie.

Autodidacte, il a beaucoup admiré et étudié l’œuvre des grands peintres dans les musées de Moscou et de Erevan, et dans les livres d’art dont il disposait. Il disait que ses maitres étaient les miniaturistes arméniens, Rembrandt, Van Gogh, Souvenian, Alexandre Bajbéouk-Melikian, Minas, et le miracle de la nature qu’est la vallée de Lori.

Bien que, dans sa ville natale et à Erevan, il ait acquis assez vite une solide réputation, Karlos Abovian a, toute sa vie, refusé la notoriété et les honneurs officiels. Malgré de nombreuses sollicitations il n’a jamais accepté d’exposer : il disait que le travail du peintre ce n’était pas de montrer sa peinture mais de peindre, chercher, comprendre, trouver, et peindre, peindre, peindre sans cesse. C’est pour lui seul qu’il peignait. Après sa mort le public pourrait juger de son travail. Cependant, avec son épouse Margot, il parlait souvent d’une exposition mythique : il entretenait le rêve de voir un jour ses tableaux suspendus sur les murs du monastère d’Harpat, un des hauts lieux de l’histoire et de la culture arménienne.

En 1986, dans « Palette arménienne » un ouvrage publié en Tchécoslovaquie et consacré aux grands peintres arméniens, cinq tableaux de Karlos Abovian étaient présentés, à côté de ceux de Minas, Sarian, Alexandre Bajbéouk-Melikian, pour n’en citer que quelques uns. En 1987, sous la pression de son épouse et de ses amis, Karlos accepta que six de ses tableaux entrent au musée d’Art contemporain d’Erevan. Mais, intimidé par cet honneur, il refusa ensuite définitivement de visiter ce musée. En janvier 1991, quatre de ces toiles furent volées dans le musée et restituées un mois plus tard, déposées anonymement dans un cimetière.

Opéré en 1980 pour une grave insuffisance cardiaque, Karlos Abovian se savait condamné à court terme, et cette perspective explique sans doute l’énergie farouche avec la quelle il peignait sans cesse, sachant que sa vie serait courte.

Karlos Abovian est mort le 5 décembre 1992 à Vanadzor. Conformément à sa volonté, son cœur a été enterré dans la vallée de Lori, près de la chapelle d’Ardvi, un lieu qu’il aimait particulièrement.

Karlos Abovian a laissé derrière lui une œuvre considérable. Plusieurs centaines de tableaux sont aujourd’hui dispersés en différents lieux : son ancien atelier, le musée de Vanadzor, ainsi que de nombreuses collections privées en Arménie, en Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Israël, au Japon, au Liban... Des expositions ont été organisées après sa mort,à Erevan, à la Galerie Nationale en 1995, et la même année au musée de Vanadzor qui porte aujourd’hui son nom. En 1994 quatre toiles étaient exposées à Gumri (ex Leninakan) et en 2007 cinq tableaux ont, pour la première fois en France, été présentés à Romans, dans la Drôme, dans le cadre d’une exposition « Visages de l’Arménie ».

Un film sur Karlos Abovian et un brochure ont été réalisés en 2002 par Manuk Mouradian. En 2007 Marguerite Abovian, l’épouse de Karlos, a entrepris la préparation d'un catalogue raisonné de ses œuvres.

Tous droits réservés Marguerite Almadjian Abovian (2008)

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